L’abeille africaine (Apis mellifera scutellata)

L’abeille africaine (Apis mellifera scutellata) aussi appelée l’abeille tueuse devient un véritable problème de société aux Etats-Unis.

Le problème date de 1956. Le Brésil importe de Namibie quelques dizaines de reines de la sous-espèce Apis mellifera scutellata afin de développer son industrie apicole car celle-ci pourrait mieux supporter le climat que l’abeille européenne.

En 1985, ces nouvelles colonies dites invasives atteignent le mexique puis les Etats-Unis en 1990.

A l’oeil nu, rien ne permet de les distinguer de l’abeille européenne. En revanche, on constate qu’elle est capable de travailler aussi bien en essaim que seule !

L’abeille africaine défend sa colonie sans pareil à la moindre approche ce qui provoque une attaque en règle !! Petit détail, qui a son importance : il n’est pas rare de constater une attaque pendant plusieurs heures et sur plusieurs kilomètres…

Contrairement aux idées reçues, la piqure de l’abeille noire n’est pas plus dangereuse. C’est bien le comportement qui est le plus surprenant et qui engendre par conséquent, le plus souvent, plus de piqures.

Freiner son expansion ?

De nombreux chercheurs réfléchissent à freiner la progression des abeilles africanisées (métissage avec d’autres sous-espèces).

Génétiquement, le fait que le gène de l’abeille africaine continue sa progression ainsi, restait incompréhensible. En effet, lors de croisement avec des gènes de l’abeille européenne, par exemple, la colonie devenait obligatoirement dite africanisées. Comprenez que la colonie développait tous les comportements peu agréables de l’abeille africaine !

Nous savons aujourd’hui que cela provient d’une caractéristique tout à fait surprenante.

Quand une reine d’abeille européenne met 11 jours à sortir de sa cellule, celle de la sous espèce Apis mellifera scutellata met 10 jours !… C’est en effet, une information capitale car tout apiculteur le sait bien, généralement la première reine sera de toute évidence la première à émettre des phéromones et ainsi à « mettre à ses ordres » toute la colonie. Mais la première reine se donnera aussi pour mission de supprimer toute rivalité au sein d’une même colonie en tuant toute nouvelle reine… Ainsi inévitablement, la reine ayant le plus de gènes de l’abeille africaine, sera la première à naitre, la seule à régner sur une colonie et à pondre ses 2 000 œufs par jours !

On pense ainsi aujourd’hui que si l’on souhaite solutionner ce problème aux Etats-Unis il faut très certainement concentrer la recherche sur les mâles…

Car la situation devient critique : de plus en plus de personnes et d’animaux se font attaquer par ses abeilles tueuses. Les populations ont ainsi de plus en plus recours à l’élimination des colonies nichées dans les toitures, forêts etc. Mais aux Etats-Unis comme partout dans le monde, 1/3 de l’alimentation provient directement ou indirectement du travail de pollinisation des abeilles. Exterminer les abeilles n’est donc pas une option envisageable !