Décrypter une analyse de miel

Une analyse de miel est toujours riches d’enseignements.

A l’association, des analyses sont réalisées tous les ans sur les différents miels de la saison apicole afin de mieux savoir dans quel environnement évoluent les abeilles mais aussi quelles sont les qualités de leurs miels.

Au même titre qu’une analyse de sang, les noms mentionnés sont parfois difficiles à comprendre, voici quelques explications :

 

Amylase/Diastase :

L’amylase est une enzyme sécrétée par les abeilles lors de l’élaboration du miel. Cette enzyme permet de détruire l’amidon. Nous en possédons nous-même dans notre salive. Cette enzyme nous permet de transformer l’amidon en sucre assimilable par notre organisme. Les enzymes sont des molécules très sensibles à la chaleur et au vieillissement. Une activité amylasique plus grande que 8 nous permet de vérifier que le miel est frais, qu’il a été stocké dans de bonnes conditions et/ou qu’il n’a pas été trop réchauffé pour d’éventuels transvasages.

Teneur en eau :

La teneur en eau est en fait le pourcentage d’eau dans votre miel. Une valeur trop grande peut provenir d’une extraction trop précoce (les abeilles n’avaient pas encore operculé à 75% la surface des cadres). Un excès d’eau peut entrainer la fermentation du miel !.. Une bonne teneur en eau est inférieure à 20%.

HMF :

Il s’agit de la concentration d’Hydroxy Méthyl Furfural. Cette molécule au nom barbare se forme lorsque le miel est désoperculé trop chaud ou que celui-ci est surchauffé pour être liquéfié. Elle vient de la dégradation du glucose (une sorte de marqueur de caramel !!). Dans ce dernier cas, l’amylase est aussi trop basse. Une valeure correcte est inférieure à 60Mg/Kg.

Conductibilité :

La conductibilité permet de déterminer la teneur en sels minéraux du miel. On peut ainsi déterminer l’origine du miel : un miel de fleurs a une faible valeur (jusqu’à 500), un miel de forêt, une haute valeur, à partir de 800.

Analyse des pollens :

La détermination de l’origine d’un miel est basé sur l’abondance du pollen d’une espèce. Cette dernière est très variable suivant l’origine du nectar.

En général, un miel est considéré unifloral si le pollen d’une fleur représente plus de 45% du pollen.

Antibiotiques :

La présence d’antibiotiques peut avoir 2 origines :

  • Une pollution dite verticale : introduction d’antibiotiques dans la ruche par l’apiculteur afin de traiter une colonnie atteinte de maladies.
  • Un pollution dite horizontale : que l’apiculteur ne peut maitrïser à 100%, puisque due à la présence d’antibiotiques dans l’environnement de la ruche..

La pollution horizontale est liée à la présence d’antibiotiques dans l’environnement. Le miel est récolté par les abeilles dans la nature qui elle-même n’est pas exempte de contaminants, en particulier du fait de l’utilisation en agriculture de certains produits qui peuvent se dégrader en antibiotiques. Au cours de leur activité de butinage, les abeilles sont également susceptibles de recueillir des antibiotiques utilisés en vergers. Même si c’est en très faible quantité, il est également possible de retrouver à proximité de lisiers des antibiotiques venant des déjections de bétail traité, ou encore d’autres sources moins bien identifiées. Dans les analyses, 9 familles de molécules antibiotiques sont recherchées, dont 3 sont interdites en France et les autres ne doivent pas dépasser 10 mg/Kg

Pesticides :

Ce ne sont pas moins de 200 molécules de pesticides qui sont recherchées. Néanmoins, les pesticides se retrouvent très peu dans le miel puisque « l’abeille sert de filtre ».

Voir la liste des pesticides recherchés et leurs valeurs maximum autorisées : liste des pesticides testés.

 

Qualité du miel :

Un miel de qualité doit être un produit sain, extrait dans de bonnes conditions d’hygiène, conditionné correctement, qui a conservé toutes ses propriétés d’origine et qui les conservera le plus longtemps possible. Il ne doit pas être adultéré et doit contenir le moins possible si ce n’est pas du tout, de polluants divers, antibiotiques, pesticides, métaux lourds ou autres produits de notre civilisation industrielle.

La cristallisation du miel :

Lorsque les miels viennent d’être produits par les abeilles, ils sont tous liquides. Cependant, la plupart ont vocation à cristalliser. Ce changement d’état naturel s’effectuera après 2 ou 3 jours, quelques semaines ou même plusieurs mois en fonction de leur composition et de leur environnement. La composition du miel a une influence sur sa texture.

Le miel bio ? :

Les contrôles, lorsqu’ils sont effectués, sont aussi stricts pour les miel étiquetés que pour les autres.

Seule réelle différence entre miel bio et non bio, les premiers doivent avoir été produits avec des méthodes biologiques pour obtenir le label. La lutte contre le varroa par exemple, nécessite en apiculture bio, le traitement avec des intrants bio, souvent peu efficaces…

 

L’association ne produit pas de miel labellisé bio mais tous les apiculteurs sont signataires de la charte de l’apiculture durable :